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Ecole Suisse

La Lettre de Paris La Lettre de Paris

Notre école publie trois fois par année la Lettre de Paris, un petit journal détaillant les activités de notre établissement et illustré d'articles en rapport avec les différents aspects de l'actualité.

Ce journal permet aux anciens élèves de garder contact avec l'école et d'être au courant des dernières manifestations.

Chaque élève qui reste un mois au minimum est automatiquement abonné une année à la Lettre de Paris gratuitement.

Vous pouvez dès maintenant consulter ci-dessous quelques articles de notre dernier numéro :    Numéro 128, janvier 2010

Le mot du directeur

Un beau succès

L
’année écoulée aura été marquée par les «neuf». En 2009, l’École Suisse Internationale a reçu 909 étudiants : non, on ne l’a pas fait exprès. La majorité d’entre eux étaient des élèves en formation commerciale, issus des écoles professionnelles suisses. Tous ces jeunes gens ont pu découvrir, lors de leur séjour, que le français n’était pas si rebutant qu’ils le croyaient et qu’ils étaient capables de s’exprimer, de vivre et même de s’amuser à l’aide de notre langue.

Du neuf encore, puisque l’École Suisse Internationale a confirmé son engagement dans une démarche de qualité en obtenant la certification «eduQua». C’est l’aboutissement d’une longue procédure qui nous a incités à nous poser des questions sur nos façons de faire, sur nos forces et nos faiblesses. Vis-à-vis de nos partenaires, c’est aussi la garantie de notre souci constant : répondre aux besoins des élèves et de leurs enseignants, tout en conservant un rapport qualité/prix qui soit le meilleur possible.

Forts de ces résultats nous nous engageons dans l’année 2010 avec confiance, et nous sommes déjà en train de réfléchir à ce que pourra être notre école demain. Une certification n’est pas un aboutissement, c’est une étape, une mise au point qui doit nous servir à rebondir pour explorer d’autres étapes dans le chemin que nous avons tracé.
En souhaitant que ce chemin aille encore loin, nous vous adressons à tous, étudiants, enseignants, partenaires et prescripteurs de tous horizons qui participez d’une façon ou d’une autre à la vie de l’école, nos meilleurs vœux pour la nouvelle année. Qu’elle vous apporte santé, succès et joies renouvelées.

Philippe Brochard

2010, année Chopin


 Garde de l'armée de Napoléon IerC’est un dimanche gris et froid. Nous sommes à Varsovie, capitale de la Pologne. L’hiver prend fin. Il n’y a pas de neige mais la ville semble comme paralysée sous un ciel uniforme, envahi par des nuages bas. Les soldats qui défilent s’éloignent vers l’est. Vers la Russie. Ils sont polonais. Volontaires. Ils forment l’un des nombreux régiments de la Grande Armée de l’empereur Napoléon Ier. Nous sommes en 1810, il y deux cent ans.
 
Non loin de là, Micolaj et Justyna Chopin - on prononce «chôppen» -s’apprêtent à fêter le deuxième anniversaire de leur fils aîné, Fryderyk, Franciszek qui est né le 1er mars. Il a une grande sœur, Ludwika. Dans un berceau dort une autre enfant, Izabela, âgée de quelques mois seulement. Et la maman attend un quatrième bébé qu’on prénommera Emilia si c’est une fille.
Micolaj est un prénom polonais, mais ce jeune papa s’appelait Nicolas il y a peu de temps encore. Nicolas Chopin, en français. Car il est français. D’ailleurs, ses parents vivent toujours en France, dans un petit village au sud de la Lorraine. Les Chopin sont des gens plutôt modestes. Nicolas aurait pu être agriculteur, vigneron ou forgeron comme son père.

Mais les circonstances de l’Histoire en ont décidé autrement.
Vers 1750, de nombreux Polonais, chassés de leur pays par la guerre, s’étaient installés en France, et plus particulièrement en Lorraine. L’un d’entre eux, un riche personnage, avait pris Nicolas à son service, en lui donnant une excellente éducation. À 16 ans, le jeune homme partit en Pologne. Il n’en revint plus jamais. Mais il avait emporté dans ses bagages une flûte…et un violon en souvenir de son pays. Non loin de son village, à Mirecourt, travaillaient en effet des luthiers, les artisans qui fabriquent ces instruments.

En Pologne, Nicolas est devenu professeur. C’est maintenant un personnage très élégant, très respecté. Il est le précepteur et l’ami d’une famille noble, le comte et la comtesse Skarbek. Il va souvent dans leur domaine de campagne, à Zelazowa Vola. C’est là que Nicolas a rencontré sa future épouse, Justyna Krzyzanowska. C’est là aussi que sont nés leurs deux premiers enfants, Louise et Frédéric.

Les années ont passé.
Napoléon doit reculer. C’est la retraite de Russie, le passage de la Bérézina, un hiver terrible. La Grande Armée est anéantie. Le prince Poniatowski, à la tête de ses volontaires polonais fidèles aux Français, est tué sur le champ de bataille. La Pologne n’est plus rien. Le pays est envahi, démembré et partagé entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

 VarsovieA Varsovie comme ailleurs, malgré les bouleversements politiques et la guerre, il faut bien vivre. Nicolas donne des cours de français. Justine ouvre un pensionnat pour les jeunes gens de bonne famille.
Frédéric a grandi. Il est devenu un garçon aux cheveux blonds, de constitution un peu frêle mais toujours gai et souriant. Il adore faire rire sa famille et ses amis avec des pitreries et des imitations. Il est intelligent, très bon élève, et il apprend surtout la musique avec une grande facilité.

Ses doigts courent sur le clavier avec une rapidité stupéfiante. Sous les yeux émerveillés de son professeur, il commence même à composer de petites œuvres, des airs de danses.
L’année de ses 8 ans, en 1818, Nicolas et Justine peuvent être fiers de leur fils. On parle de Frédéric dans la Revue de Varsovie !
La haute société polonaise découvre cet enfant et lui ouvre ses portes. Frédéric se produit dans tous les salons à la mode. Même chez le grand-duc Constantin, le frère du tsar lui-même ! Mozart serait-il ressuscité ?
Mais les parents de Frédéric ne veulent pas faire de leur fils un animal savant qu’on promène dans toutes les cours d’Europe, comme Mozart précisément. Ils gardent la tête froide et le poussent à poursuivre ses études : le polonais, le français, le latin… Il entre au lycée. Il ne sera jamais très fort en mathématiques mais il se passionne pour la littérature et l’histoire. Il se fait beaucoup d’amis. On l’aime. Malheureusement, il n’a pas une bonne santé, et il est souvent malade. Il est maigre et pâle. La bronchite le fait tousser de manière affreuse.
Alors, pendant les vacances, ses parents l’envoient à la campagne, en Mazurie, pour respirer l’air pur et vivifiant de cette région située au nord de Varsovie, près de la mer Baltique.

Le soir, en rentrant des champs, ou bien les jours de fête, les gens se réunissent pour danser, au son de la cornemuse ou du violon. Frédéric note dans sa mémoire tous ces airs qui l’émeuvent beaucoup. Et notamment une danse propre au pays de Mazurie, avec un rythme bien particulier, qu’on appelle la mazurka.

Symbole de la MazurieLorsque les vacances sont terminées, Frédéric regagne Varsovie. Dans sa chambre, le soir, à la lueur de la chandelle, il compose et tente de retranscrire au piano les chants et les danses qu’il a entendues durant l’été. Tout en jouant, il rêve aux belles journées de juillet, aux jolies filles de Mazurie, aux nuages courant dans le ciel étincelant. Il écrit ainsi ses premières mazurkas.

En 1826, Frédéric est brillamment reçu à son examen qui correspond à notre baccalauréat. Mais sa santé si fragile fait peur à ses parents qui l’envoient en cure, avec sa plus jeune sœur. À son retour, cinq semaines plus tard, Frédéric a choisi son avenir : il sera musicien.

À la rentrée scolaire, il va donc suivre les cours de l’École Centrale de Musique à Varsovie. Chaque semaine, 7 heures d’harmonie, 7 heures de contrepoint, de la composition et beaucoup de travail à la maison. Frédéric suit en même temps des cours à l’université. Il parle bientôt quatre langues : le polonais, le français, l’allemand et l’italien. Il n’oublie pas pour autant de sortir et de s’amuser avec ses amis.

Une découverte le passionne : en France, un fabricant de pianos - on dit un «facteur» - très célèbre, Sébastien Erard, invente un procédé qui permet de jouer plus vite, de répéter les notes rapidement. C’est ce qu’on appelle le «double échappement». Frédéric Chopin découvre immédiatement toutes les possibilités offertes par cette nouvelle technique.

Un piano à queue

 
En 1829, Frédéric Chopin a fini ses études. Pour un musicien, il n’y a qu’une seule façon de vivre : se faire entendre. À cette époque-là, il n’existe aucun moyen de reproduire de la musique autrement qu’en jouant soi-même. Pas de cassettes, pas de CD, pas de radios… Frédéric devra parcourir l’Europe pour se faire connaître.
Vienne, Prague, Dresde et Varsovie, bien sûr.
Frédéric est heureux. Une belle carrière s’ouvre devant lui.

la guerre civile Mais à ce moment précis, des événements graves se déclanchent. En France, c’est la révolution. Le roi Charles X est chassé du trône en 1830. L’esprit de révolte s’empare de l’Europe entière. Les Polonais en ont assez de la tyrannie russe.  A l’exemple des Français, ils se soulèvent. Le grand-duc manque d’être assassiné. La répression est atroce. La guerre civile s’étend rapidement à toute la Pologne.

À ce moment même, Frédéric se trouve à Vienne. Il voudrait rentrer chez lui mais son père lui écrit :
«Ne reviens pas maintenant. Tu serviras mieux ton pays par ton talent qu’avec un fusil.».

Toussotant dans sa chambre glaciale, Frédéric Chopin compose alors des «Etudes», aux sonorités tellement nouvelles qu’elles stupéfient les quelques amis qui l’entourent. De cette époque, on connaît plus particulièrement le morceau intitulé «Révolutionnaire».

Les concerts se font rares. Frédéric est malade. Et dans la capitale autrichienne, on commence à se méfier de ce petit Polonais. Peut-être est-ce un espion prêt à provoquer la révolution ici aussi ?
Il doit quitter la ville. Mais où aller ? Pas question de rentrer en Pologne pour l’instant…Le jeune homme se tourne alors vers ce pays qu’il admire, qui symbolise pour lui la liberté : c’est décidé, il ira en France, à Paris.

Le voyage vers la France dure plusieurs jours.
À Paris, Frédéric Chopin rencontre quelques amis, des Polonais réfugiés comme lui. Ils lui procurent un logement, et un piano. Il se sent rassuré dans cette petite communauté très solidaire. Chacun espère retourner très vite en Pologne.

Sur le clavier, Frédéric exprime tout son amour pour son pays lointain, toute sa sensibilité de jeune homme, son envie de vivre, de s’amuser, d’aimer. C’est alors une valse qui sort de ses doigts et de son imagination, la Grande Valse brillante en mi bémol majeur…

Le compositeur Berlioz a fait interpréter sa «Symphonie fantastique» dont on parle dans tout Paris. Franz Liszt compose et peu à peu, il se fait connaître dans les milieux artistiques parisiens. Les poètes, les musiciens, les écrivains, les peintres sont nombreux. Victor "La Liberté guidant la peuple" de DelacroixHugo connaît déjà la gloire, grâce à ses textes poétiques et ses pièces de théâtre. Il vient de publier son premier grand roman historique, «Notre-Dame-de-Paris». Il dessine et il peint, mais dans ce domaine, Eugène Delacroix est considéré comme le chef de file de la nouvelle école artistique. Peu après la Révolution de 1830, il a réalisé le très célèbre tableau intitulé "La Liberté guidant le peuple".


Le public se passionne aussi pour les romans d’ Honoré de Balzac qui entame alors la grande œuvre qu’on appellera «La Comédie humaine». Alfred de Musset, à 25 ans, charme tous ceux et toutes celles qui fréquentent les salons littéraires. Il est poète mais se consacre aussi au théâtre, et écrit «Lorenzaccio». À cette même époque, Stendhal voyage en Italie. Il en rapportera de nombreuses impressions et surtout un magnifique romanimprovise sur piano. Il fait rêver bien des jeunes filles.
Tous ces artistes, et tant d’autres, révolutionnent l’art et expriment une sensibilité nouvelle qu’on appelle le romantisme.

Frédéric Chopin se sent parfaitement à son aise dans cet entourage.
Il donne un concert, qui emporte l’enthousiasme du public parisien. C’est alors qu’il interprète pour la première fois la Grande polonaise brillante pour piano et orchestre, qui déterminera sa célébrité.

Les événements se sont calmés en Pologne. Frédéric pourrait rentrer auprès de ses parents, dans son pays. Mais il subit alors un violent choc sentimental : la jeune femme qu’il aimait le repousse. On n’épouse pas un musicien sans fortune…Frédéric sombre au plus profond de la tristesse. Il tombe de nouveau malade. Il est au lit, il tousse, il crache même le sang. Il pense que la mort va l’emporter. Mais il a maintenant de nombreux amis à Paris. Tous ces jeunesgens rieurs et passionnés n’abandonnent pas leur ami Frédéric. Ils l’obligent à sortir, à reprendre goût à la vie.

Scène de salon

Un soir d’automne, en 1836, il est invité. On boit, on parle, on mange, on rit beaucoup dans cette petite fête. Le pianiste Franz Liszt joue quelques airs.

Parmi les convives, une femme étrange.
Elle semble très entourée. Elle n’est pas vraiment belle mais plutôt… fascinante. Ses allures la font remarquer : elle fume, elle parle fort, elle mène la discussion sur la politique et le rôle des femmes dans la société. Elle est d’ailleurs mariée, et assez riche. Elle a deux enfants mais elle vit séparée de son mari. Elle se nomme Aurore Dudevant. Mais on ne la connaît que sous son nom d’artiste : George Sand. George : un prénom bien curieux pour une jeune femme de 32 ans !
Elle a déjà vécu mille aventures
.

Chopin observe avec dédain
cette personne assez singulière, qui ne correspond en rien à son idéal.
A l’inverse, George Sand remarque immédiatement le beau et jeune Polonais, ce jeune homme frêle, aux allures si fragiles, les cheveux délicatement peignés. Et qui semble si malheureux. George Sand rêve justement d’un homme qu’elle pourrait cajoler, consoler, aimer. Frédéric ne le sait pas encore : c’est le début d’une grande passion.
 
Frédéric Chopin





Ci-contre, Frédéric Chopin, dessin de Eugène Delacroix



 

La suite ... dans la prochaine "Lettre de Paris"!

Une Fête à la frontière des langues

Le rendez-vous est tenu depuis… 33 ans ! À chaque fin d’année, nous nous retrouvons pour une fête qui réunit les professeurs, les anciens étudiants et dorénavant les familles d’accueil de nos élèves. Bien sûr, le groupe a évolué au cours du temps. De la première fête qui eut lieu dans le château de Palaiseau en 1977, il reste encore un fidèle (devinez qui ?). Mais c’est toujours avec joie et une émotion certaine que nous nous retrouvons à ce rendez-vous fixé d’année en année.

Cette fois, c’était à l’entrée d’une bien jolie petite ville suisse, Morat, et précisément au pied de la porte de Berne, que nous avions prévu le point de rencontre. Une petite dérogation à la tradition : ce n’était pas le dernier week-end de novembre mais le premier de décembre – exigence due à l’arrivée d’un groupe de Singapour la semaine précédente. Mais c’est juré, on ne le fera plus : une tradition, c’est une tradition !
Pour les participants venus de France, le week-end a commencé samedi 5 décembre par une petite incursion dans le canton de Fribourg pour découvrir la jolie cité médiévale de Gruyère, que beaucoup d’entre nous ne connaissions pas. Un cadre magnifique, pas très chaud puisque c’était l’époque des premières neiges (pique-nique avec les bouts de doigts gelés), mais une visite tout de même spectaculaire – cela surtout en raison du très beau travail audio-visuel qui présente l’histoire du château.
Plus tard, l’autocar a suivi la route de Fribourg vers Morat, le long de la vallée de la Sarine, qui détermine la frontière entre les régions suisses de langue française et de langue allemande. Pour des personnes enseignant une langue, c’est toujours curieux de constater sur place comment cette cohabitation peut se manifester sur le terrain, dans les noms des villages, des rues et des habitants.
Visiter Morat, c’est aussi parler de l’histoire de la Suisse et de l’ancienne Bourgogne, puisqu’à cet endroit s’est déroulée en 1476 une célèbre bataille ayant opposé les Suisses et l’armée «bourguignonne» du duc Charles le Téméraire. Pour la Suisse, cette bataille est considérée comme l’un des actes fondateurs, l’une des étapes marquantes de son évolution vers la Confédération actuelle. Il n’est pas de fête sans vin, et les environs de Morat ne sont pas exempts de cette noble boisson. Le Mont Vully, de l’autre côté du lac, offre de belles pentes face au soleil sur lesquelles les vignes peuvent faire mûrir leurs grappes. Et, disons que le résultat n’est pas mal du tout !....

La chaleureuse ambiance née dans la cave s’est prolongée toute la soirée, à l’hôtel-restaurant Bad am See à Muntelier. Excellente cuisine, musique sympathique, conversations de bon niveau, tous les ingrédients d’une agréable réunion y étaient.
De plus, les profs de Paris ou de Dijon et les étudiants singapouriens ont pu découvrir les charmes de l’hébergement dans un centre de la protection civile – un ancien abri anti-atomique. Histoire de se replonger dans l’ambiance de la Guerre Froide et des années 60. Un souvenir inoubliable !
Le lendemain, jour de Saint Nicolas, nous avons changé totalement d’horizon en pénétrant dans un monde exotique, à la chaleur équatoriale : le Papiliorama. Un joli moment à la découverte de magnifiques lépidoptères et autres animaux nocturnes ou diurnes venus de pays lointains.
Pour conclure cet agréable week-end, un bon repas dans le restaurant traditionnel de Fraechels, tenu par un chef bien sympathique et un personnel accueillant et attentif. Personnel au sein duquel nous avons retrouvé… l’une de nos anciennes étudiantes, comme il se doit.

Rendez-vous est pris pour l’an prochain, vous pouvez noter les dates :
27 et 28 novembre 2010

Morat

Les étudiants ont la parole

Voici quelques impressions des élèves du groupe de Singapour.

Nous avons visité Dijon du quatre au dix octobre 2009.
Nous avons vu beaucoup de jolies choses et nous avons pu améliorer notre français. Pendant une enquête dans la ville, nous avons eu notre impression sur cette ville et ces gens sont excellents. Presque tous les habitants sont gentils et très serviables. Bien que la ville soit un peu sale, quand même cela vaut la peine d’être vu. L’architecture est passionnante, il y a beaucoup de vieilles maisons. Pour nous, cette semaine était géniale, nous ne voulons pas l’oublier.

Samedi, nous avons quitté Dijon pour aller en Suisse où l’école a fêté son cent-vingt-huitième anniversaire. Comme la seconde partie de notre stage allait avoir lieu à Paris, nous avons pris trois moyens de transport : l’autocar, le TGV et le métro parisien.
Franchement, nous n’avons pas remarqué que nous avions traversé la frontière entre la France et la Suisse, parce que les paysages et les bâtiments ressemblaient l’un à l’autre. Comme nous étions dans les cantons francophones, tous les panneaux étaient en français, et nous avions l’impression que c’était toujours la France. Mais après une période de temps, nous avons commencé à repérer des différences : nous avions du mal à comprendre tout ce que les gens disait parce qu’ils avaient l’accent suisse ou allemand. Le paysage commençait à changer et il ne ressemblait plus à la partie de la France. Même s’il y avait toujours des vignobles sur les petites collines, mais ils étaient encadrés par les chaînes de montagnes : les Alpes, à côté d’un grand lac. Nous étions épatés par le mélange des couleurs qui nous montrait la beauté de la Suisse.

la ville de gruyère

Nous sommes arrivés à Gruyère et en descendant du bus, le paysage nous a coupé le souffle. Tout le groupe était vraiment ravi d’acheter du chocolat suisse et bien sûr du Gruyère. C’était délicieux ! Ensuite nous sommes allés voir un spectacle audio-visuel au Château de Gruyère. C’était une très belle histoire de la Suisse, c’était comme si nous étions dans l’époque où il y avait plusieurs guerres, histoires d’amour et réussites spectaculaires. Nous avons établi un lien fort entre l’histoire de la Bourgogne et l’histoire de la ville de Morat. Ensuite, nous avons eu du temps libre pour découvrir les anciens secrets du château. La ville de Gruyère est montagneuse et nous avons beaucoup apprécié l’architecture des maisons et les façades des bâtiments.
Quelques fenêtres bizarres nous ont étonné par leurs couleurs et leurs rayures. Nous nous sommes rendu compte que c’était une ville très typique.

Un Calligo
Le calligo est appelé "papillon chouette"

Nous avons visité le Papiliorama où il y avait une diversité de papillons. Il y avait toutes les couleurs d’un arc-en-ciel. On a vu des papillons avec des ailes multicolores, y compris un papillon avec des points qui ressemblaient aux yeux d’une chouette. Aussi, il y avait 3 couples de papillons qui copulaient ensemble avec passion. Puis, nous avons vu encore une paire de papillon qui faisait la danse de l’amour. Malheureusement le mâle n’a pas réussi à séduire la femelle. Nous avons vu des sphasmes dans la serre tropicale. Il faisait chaud sous le dôme où habitaient les papillons. On avait l’impression que nous étions déjà revenus à Singapour.

Ensuite, nous sommes allés dans le nocturama où on a simulé la nuit.
Nous avons vu les paresseux et un anaconda, ainsi qu’une chouette à lunettes. D’ailleurs il y avait un tunnel où il y avait des chauves-souris. Pravin avait peur et il a crié. Donc, nous sommes sortis immédiatement parce que cela sentait très mauvais de toute façon.

Le prochain endroit était le «Jungle Trek» où nous avons trouvé un toucan. Son bec était coloré et il était intéressant car nous n’avons pas d’oiseaux comme ça à Singapour. Nous n’étions pas intéressés par les plantes, parce que les animaux, soit vivants et divers, ont attiré notre attention.

C’était une très bonne expérience pour nous.

Et si on reparlait du franc?

Le franc est une monnaie créée en France au Moyen Âge, durant la guerre de Cent ans. Plus tard, on a utilisé d’autres noms, comme la livre, pour désigner la monnaie de la France. La Révolution française est revenue au franc. Napoléon lui a donné sa stabilité en 1803 par un décret, daté du 7 germinal an XI (calendrier républicain encore en vigueur à cette date). On appellera désormais cette monnaie le «franc germinal». Elle est restée parfaitement stable jusqu’en 1914. La Belgique et la Suisse l’ont pris comme référence pour créer leur propre monnaie.

En raison des dettes accumulées par la France durant la Première Guerre mondiale, le franc français a très vite perdu de sa valeur, qui a été divisée par 3 entre 1914 et 1918. Et en terme de pouvoir d’achat, on peut dire (selon l’INSEE*) que le franc de 1920 avait approximativement atteint la même valeur que… l’euro maintenant. Mais comme en 2002, la conversion entre les francs et les euros s’est faite sur la base de 6,56 on peut mesurer la dépréciation connue par le franc entre 1920 et 2001, soit en 80 années...

Bien entendu, on ne peut pas toujours comparer les valeurs en pouvoir d’achat : cela est possible à propos d’un kilo de pain ou d’un litre de lait, oui, mais qu’aurait valu un lecteur MP3 ou un PC portable en 1930 ? Rien puisque ça n’existait pas, ou une somme faramineuse si cela avait pu exister !

Toutes les réflexions sur la valeur des monnaies sont donc très relatives, et ce que nous ressentons comme utilisateurs quotidiens n’est pas la même chose qu’en terme de relations internationales et d’équilibre de balance monétaire.

Un nouveau franc
Le 1er janvier 1960, il y a donc tout juste 50 ans, les Français font connaissance d’une nouvelle monnaie, le «nouveau franc» qu’on appellera aussi le «franc lourd» parce qu’il vaut 100 fois plus que l’ancien franc. C’est une décision du chef de l’État de l’époque, le général de Gaulle, prise sur les conseils des économistes du temps, Antoine Pinay et Jacques Rueff. Pour marquer la volonté de retour à la stabilité monétaire, on choisit de frapper le nouveau franc à l'effigie de la Semeuse d'avant 1914.

Ce nouveau franc est fabriqué en cupro-nickel mais une pièce d'argent du même type est réintroduite dans la circulation : c'est la pièce de 5 francs. Cette pièce sera fabriquée en cupro-nickel à partir de 1970.

Pièces de 5 francs
Cela correspondait à la volonté de raffermir la monnaie française par rapport à celle de ses voisins : le franc français revenait alors à parité égale avec le mark allemand et le franc suisse. L’Italie, elle, n’a pas fait ce choix et a conservé la lire en l’état, ce qui a fini par faire beaucoup de zéros avant le passage à l’euro…
En 1960, un kilo de pain coûtait. Beaucoup de gens n’ont jamais pu s’habituer au «nouveau franc» et jusqu’en 2001, bien des Français, surtout les personnes âgées, parlaient encore en anciens francs. La différence n’a jamais été très claire, et on trouvait souvent nécessaire, à propos d’une somme inhabituelle, de préciser par exemple: «Oui, ça vaut 10.000 francs, euh, je veux dire 1.000.000 de centimes !». Avec l’euro, au moins, la confusion ne pouvait plus exister.

Mais comme nous avons tous tendance à compliquer un peu les choses, voici quelques éclaircissements : en 1960, pour parler de la pièce de 1 franc (nouveau), on disait «cent balles», parce que c’était l’équivalent de 100 anciens francs. Or, avec les années, «cent balles», dans le langage
familier, c’est devenu le surnom du billet de 100 francs (nouveaux, donc 10.000 anciens), tandis que 1.000 francs (nouveaux) se disaient «1 sac»
(parce qu’il fallait un sac pour mettre 1.000 francs nouveaux, c’est-à-dire 100.000 francs anciens ou 100.000 centimes nouveaux). Et 10.000 francs (nouveaux), c’était une «brique» parce que 10.000 francs
nouveaux, c’étaient 1.000.000 de francs anciens et qu’en billets de 10.000 francs anciens (100 francs nouveaux, soit cent balles), ça ressemblait à peu près à une brique.

Le billet Richelieu

Vous avez compris ? Non ? C’est pourtant simple.
Maintenant, essayez de traduire une brique en euros, ça fait… pas beaucoup. En terme de pouvoir d’achat, le «nouveau» franc a perdu 85% de sa valeur entre 1960 et 2001, c’est-à-dire qu’on payait 15 centimes en 1960 une chose que l’on devait payer 1 franc en 2001. Là, c’est beaucoup. En 1960, on payait le kilo de pain 70 centimes (=10 centimes d’euro) et un plein d’essence 40 francs (=6 euros). Entre 2002 et 2010, le pouvoir d’achat de l’euro a lui aussi baissé, mais de 15% seulement.

Désormais, les seuls pays qui continuent d’utiliser le franc comme monnaie sont, bien entendu, la Suisse tout d’abord, et un grand nombre de pays d’Afrique.


Franc CFA

C’est le franc CFA, à l’origine la monnaie des colonies françaises d’Afrique, mais qui est devenu le franc de la communauté financière d'Afrique (=CFA).

Le franc CFA est relié à l’euro, ce qui lui donne une réelle stabilité laquelle est en faveur de la stabilité économique des pays concernés. Cette monnaie se matérialise par des billets souvent magnifiques.


 L’histoire d’une monnaie est souvent passionnante car, au-delà des grands discours et des théories fumeuses, elle traduit la vie réelle d’un pays. Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire des monnaies françaises, nous vous conseillons le site internet de l’université de Poitiers, très instructif, et tout à fait à la portée du grand public : www.sceco.univ-poitiers.fr/hfranc.

Maintenant, savoir si l’euro vivra aussi longtemps que le franc, c’est une autre question. Probablement pas, car l’évolution des techniques fait que la monnaie de pièce et de billets disparaîtra sans doute un jour ou l’autre. À la fin de l’année 2010, il est possible que l’euro change de système de référence : au début, il s’agissait d’un panier de monnaies, valorisées par rapport à l’économie et à la dette des pays membres. On sait que cela pose problème de nos jours. Il est question d’indexer l’euro sur le cours des matières premières qui semblent bien être la référence des années à venir.

Là aussi, cela traduit l’évolution de notre monde.

Paris Vision                                                                       Paris Vision

Fauves et expressionnistes
Chefs-d’œuvre du Musée Von Der Heydt.
Musée Marmottan Monet. Jusqu’au 20 février

Paris inondé 1910
Il y a 1 siècle, on pataugeait à Paris.
Galeries des bibliothèques. Jusqu’au 28 mars

Les grands monuments de Lutèce, premier projet urbain de Paris.
Le Paris antique à travers ses édifices civils du 1er au IVè siècle
Crypte archéologique. Jusqu’au 28 février

400 ans de cinéma
«Lanterne magique et film peint»
Tout sur notre patrimoine cinématographique ainsi que projection et conférence.
Musée du cinéma. Jusqu’au 28 mars

Toujours plus vite ! Les défis du rail
Innovation technique dans un lieu entièrement rénové pour réconcilier l’art et la science.
Musée des Arts et Métiers. Jusqu’au 2 mai.

Robert Doisneau
«Du métier à l’œuvre»
Images réalisées sur Paris et sa banlieue entre 1930 et 1966
Fondation Henri Cartier-Bresson. Jusqu’au 18 avril


Le Coin Cuisine

La Chandeleur, Mardi Gras, Carnaval, vive les crêpes, gaufres, bugnes, beignets.                        
                                                                          

L’origine de la crêpe remonte à la nuit des temps. On l’associe à la Bretagne mais elle n’est pas de cette seule contrée. Dès les premières cultures de céréales, l’homme les a consommées crues. Ensuite il les écrasait en bouillie et puis, il a découvert le feu et il a appris à faire une pâte avec de l’eau.
Pâte à crêpes pour 10 personnes :250 gr de farine – 4 œufs – un demi-litre de lait – 1 pincée de sel – 50 gr de beurre – 1 sachet de sucre vanillé – 1 cuillère à soupe de rhum ou de fleur d’oranger.
Mélangez la farine, les œufs, le sel, le beurre fondu ensuite vous versez progressivement le lait et vous ajoutez le sucre vanillé et le parfum de votre choix. Vous laissez reposer 1 heure avant de les faire cuire. Vous avez tous les choix pour la garniture salée ou sucrée.

L’origine des gaufres remonte au Moyen âge et vient de la Belgique. Le mot est emprunté au francique qui signifie gâteau de cire d’abeille.
Pâte à gaufres pour 4 personnes : 250 gr de farine – 125 gr de sucre – 2 œufs – 50 gr de beurre fondu – 1 pincée de sel, 20 cl de lait, d’eau ou de bière.
Mélangez la farine, le sucre, les œufs et le beurre fondu. Vous ajoutez le liquide petit à petit jusqu’à la consistance désirée. Puis vous faites chauffer le gaufrier. Pour la garniture : sucre glace, pâte à tartiner au chocolat, confiture, etc…

L’origine du beignet remonte au Sarrasins. Ce n’était que des morceaux de pâte que l’on faisait tomber dans la friture. Le beignet porte des noms selon sa région : bugnes de Lyon, roussette de Strasbourg, merveille de Gascogne, bottereau des Charentes, oreillettes de Provence.
Pâte à beignets pour 6 personnes : 125 gr de farine – 1 œuf – 1 verre de lait, ou de la bière si vous les souhaitez plus légers – 1 cuillère à soupe d’huile. Pour des beignets au fruits, vous ajoutez 1 cuillère à soupe de sucre et 1 parfum de votre choix.
Mélangez la farine, l’œuf, le sel, le sucre si la préparation est sucrée et l’huile. Mélangez doucement en ajoutant le lait ou la bière. La pâte doit être bien lisse et sans grumeaux. Laissez reposer 1 heure. Vous versez un peu de pâte dans la friture et après quelques minutes, vous les retirez et les déposer sur du papier absorbant et vous les saupoudrés de sucre glace.

L’origine des bugnes est ancienne puisqu’il s’agit d’une spécialité de l’ancienne Rome. Ils se dégustaient déjà au carnaval.
Pâte à bugnes pour 4 personnes : 250 gr de farine – 3 œufs – 50 gr de sucre – 50 gr de beurre ramolli – 2 cuillères à soupe de rhum – 1 pincée de sel – zeste d’un citron ;
Mélangez la farine et le sucre, le zeste de citron, le sel. Ajoutez les œufs un à un. Ajoutez le beurre ramolli et le rhum et mélangez pour obtenir une pâte homogène. Formez une boule en vous l’enveloppez dans un film et laissez reposer une heure au réfrigirateur. Vous farinez un plan de travail et vous étalez la pâte finement. Découpez des rectangles de 7 cm sur 5 cm que vous fendez au centre sur 1 ou 2 cm. Vous faites chauffer l’huile à 180° et y mettez les bugnes par petites quantités. Laissez les dorer sur chaque côté. Vous les égouttez sur du papier absorbant et vous saupoudrez de sucre vanillé.

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